Vous me voyez sûrement comme une ado torturée comme tant d'autres et il y a sûrement un peu de ça mais il y a surtout mon corps qui me peu à peu m'abandonne, et mon esprit qui essaye de suivre, malgré tout ; et je fais tout ce que je peux seulement je ne suis plus moi-même, aliénée par la maladie ; et je vois s'échapper ce que j'étais sans rien pouvoir faire, j'ai mal en permanence et ils ne comprennent pas.
Ils ne comprennent pas ce que ça peut faire que d'avoir mal à en crever, tout le temps ; ce que ça peut faire que de sentir chaque jour la situation empirer ; ils ne savent pas à quel point c'est dur de garder espoir ; à quel point c'est dur de voir les kilos s'envoler, de voir mon corps exsangue et la situation échapper peu à peu à tout contrôle ; à quel point c'est dur de se savoir dépendante d'une poignée de pilules ; à quel point c'est dur de voir les traitements échouer les uns après les autres ; à quel point parfois j'aimerais pouvoir oublier ; et ils ne comprennent pas que j'ai mal tout le temps, que ce n'est pas une blague ; et ils ne savent à quel point j'aimerais que s'en soit une ; à quel point ça m'as fait mal quand il m'as dit que je me servais de ça pour me rendre intéressante ; je crois qu'ils ne savent pas à quel point je prends sur moi ; à quel point c'est dur de voir ses propres capacités diminuer ; de devoir se poser des limites ; à quel point j'aimerais parfois ne pas avoir à faire cette piqure qui doucement me détruit ; à quel point c'est dur de ne pas laisser tomber, à quel point parfois j'ai peur, parce que je ne supporte plus mes nuits d'insomnies, seule avec la douleur à attendre le sommeil ; et ils ne savent pas à quel point parfois je sens la haine monter en moi parce qu'alors je n'ai plus rien d'autre que ça pour avoir la force de continuer ; ils ne savent pasà quel point parfois c'est dur de ne pas pleurer, ; et je crois qu'ils ne savent pas combien de fois j'ai retenu mes larmes pour ne pas pleurer, pas devant eux ; et je crois qu'ils ne savent pas ce que parfois je donnerais juste pour un peu de répit , pour juste une minute de répit, une seule ; mais surtout je crois qu'ils ne savent pas à quel point dans c'est moment là j'ai besoin qu'ils me prennent dans leurs bras.
M'abandonner entre leurs bras pour échapper juste un instant à ce vide qui doucement me ronge.
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du fond de son coeur <<==