(la suite un peu plus tard)
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3/12. La musique est arrêtée. Il y a juste le bruit de la pluie et du vent. Ca pourrait être un instant très doux mais la violence des sentiments gâche tout. J'essaie de me souvenir d'hier. Juste après l'incendie j'étais dans ce train qui me ramenait vers Paris, je regardais le paysage déjà vu dix mille fois. D'habitude j'ai besoin de ces petites répétitions, de la routine et du côté rassurant de retrouver les mêmes choses à la même place, mais là ce n'était plus pareil. J'ai laissé la vieille colère reprendre dessus, en quelques secondes, j'ai retrouvé ma haine puérile de tout ce qui m'entourait. J'aurais voulu dire je te déteste à chaque personne que je croisais, gerber ces milliers de visages qui me renvoyaient ma laideur et ma méchanceté. Je voulais qu'on me haïsse avec autant de force, pour me sentir exister au travers de cette haine, qu'on m'envoie un coup de poing en pleine figure pour me sortir de mes illusions de gamine idéaliste. Je voulais tout gâcher, prendre conscience que ce que j'ai essayé de construire m'échappe, comme pour mieux le regretter après. J'ai gardé toute cette rage précieusement, et j'ai continué sans vraiment le vouloir à m'accrocher à la vie qui ne veut pas de moi.
J'ai monté les escaliers en laissant filer les quelques secondes qu'il me restait pour me remettre en question.
Il y avait du monde, du bruit, et parmi ce monde et ce bruit il y avait toi.
J'ai laissé filer la seule seconde qu'il me restait pour te sourire, puis j'ai continué à tout détruire.
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lien vers un inconnu pas si inconnu que ça <<==